Marabout
rénovation et extension de l'EHPAD d'Echassières
équipement restructuration Ergonomie et handicap Santé

Unité à l’échelle du grand paysage

 

Le site de l’EHPAD d’Echassière est emblématique pour la commune. Il constitue un ensemble de corps de bâti singulier dans le paysage, à l’entrée Est de la commune et en point dominant. Le site a déjà été remanié plusieurs fois et se compose des éléments suivants :

 

  • Un corps de bâtiments historique et ses annexes, « l’Hospice Jouhet Duranthon » datant du 19ème, présentant une grande qualité architecturale
  • Des corps de bâtiments plus récents, construits en deux fois, dans les années 80/90. Ces nouveaux bâtiments comportent les espaces communs majeurs et l’entrée de l’EHPAD
  • Un cadre paysager de grande qualité avec des vues sur le bocage bourbonnais et de la végétation existante sur le site

 

Les extensions ont été réalisées dans un souci d’homogénéité du site. A l’échelle du grand paysage, les bâtiments de l’EHPAD présentent une cohérence et unité forte. Notre objectif est de préserver cette unité dans le cadre de cette troisième extension du site. Nous voulons préserver la mise en valeur des corps de bâtiments historiques de l’hospice, marqueur de l’histoire de la commune. Mais ce principe architectural doit néanmoins bien faire apparaître les « strates du site ». Il ne s’agit pas d’être dans un mimétisme formel, cette troisième extension doit intégrer les caractéristiques du bâtiment historique tout en répondant aux enjeux actuels et aux nouvelles attentes des usagers.

 

Les enjeux architecturaux et de grands paysages sont complétés par des ambitions programmatiques :

 

  • Respecter la répartition des programmes par niveau du cahier des charges, impliquant une surface plus importante au niveau du RDC
  • Assurer des interfaces généreuses entre le bâtiment et les aménagements paysagers. Cela répond à des habitants ayant pour la plupart toujours vécus en secteur rural

La volonté de préserver la cour du bâtiment historique, pour ne pas pénaliser les espaces existants notamment, implique une extension du site au Nord de la parcelle, dans la logique de la deuxième extension. Notre projet se constitue ainsi des éléments suivants :

 

  • Une bande paysagère à l’Est de la parcelle le long de la D998. Elle assure les cheminements des visiteurs et des résidents dans un cadre paysager agréable. Légèrement surélévé sur le site, elle offre des vues sur l’EHPAD et le grand paysage. Cette bande paysagère « active » assure toutes les dessertes du projet et relie notamment le parking implanté sur la nouvelle parcelle au Nord du site et le centre bourg de la commune
  • Un volume en R+1, équivalent aux bâtiments existants et dans le prolongement de l’extension 2 selon l’axe Nord/Sud. Surmonté d’une toiture à quatre pans et reprenant les longueurs des volumes existants ce nouveau bâtiment prolonge le système actuel
  • Un volume de plain-pied situé entre la nouvelle bande paysagère à l’Est du site et le nouveau bâtiment à l’ouest. Au niveau du RDC actuel, ce volume vient s’intégrer à la topographie du site.. Ce volume en RDC comprend UVP et se prolonge par un effet de coursives qui vient redonner de l’unité au socle existant.

La lecture du cadre bâti met alors en avant les différentes évolutions de l’EHPAD, avec la juxtaposition de volumes simples en R+1, cohérents entre eux et reliés par des volumes en toitures terrasses faisant effet de joint creux.

Ce parti redonne également de l’importance au bâtiment de l’extension 2, qui devient central à la composition architecturale. Il comprend une grande partie des espaces communs du projet d’EHPAD et la nouvelle entrée. Cette dernière redevient évidente et accueillante pour le visiteur et l’usager.

 

Damier paysager

 

Cette implantation vise également à entremêler espaces bâtis et espace paysagers. La cour classique est préservée et requalifiée tout comme le patio proche de la première extension. Un patio central est créé à proximité de la nouvelle entrée et dans le prolongement du salon d’animation. De même, l’UVP possède un jardin dédié à l’Est du site, intégré à la topographie du site. Il est ainsi facilement sécurisé sans mise en place de dispositif de clôture ou autre. Enfin, un dernier patio est implanté entre les deux nouveaux volumes bâtis, pour assurer un filtre végétal entre les studios des habitants. Ces différents espaces paysagers viennent ainsi rythmer le parcours des résidents et intégrer les volumes bâtis au cadre rural du site. Surtout, ils assurent différentes ambiances aux résidents qui pourront alors choisir : espace intime, belvédère sur le paysage, patio ensoleillé, espaces à l’ombre… Tous ces jardins sont facilement accessibles depuis le niveau RDC du projet. Des dispositifs de clôture végétale viendront accompagner la sécurisation de ces espaces.

 

Matériaux, percements et lumière naturelle

 

La composition volumétrique et le dimensionnement des patios ont été évalués au regard de la fonctionnalité du site mais également pour optimiser l’apport en lumière naturelle de chaque espace. Les bâtiments existants présentent des fenêtres assez petites. Aussi, pour préserver une qualité d’habitat, les extensions ne génèrent aucune ombre portée sur les espaces existants.

Sur la nouvelle extension en R+1, l’objectif est de créer un volume qui prolonge le système architectural actuel. Les ouvertures sont ainsi traitées en fenêtres cintrées en bois (essence mélèze). Afin d’assurer une lumière naturelle généreuse, ces fenêtres ont des dimensions supérieures à celle de l’existant (1/6 de la SHAB des chambres). Elles présentent une allège pleine à 70cm permettant à une personne en fauteuil de voir facilement dehors. Ce positionnement assure l’apport de lumière dans la profondeur de la pièce. La largeur des baies étant supérieure à celle de l’existant, les volets battants ne trouvent plus leur place sur la façade. Nous avons ainsi opté pour des dispositifs de BSO automatisés afin d’assurer l’occultation des chambres. Cela permet également de se protéger des apports solaires. Ce volume est traité en béton lasurée, avec une teinte équivalente à celle de l’enduit existant. Ce choix vise à faire écho au paysage d’Echassières comportant de nombreuses carrières de Kaolin. La toiture est traitée en ardoise avec un faîtage à la même hauteur que celui des bâtiments existants. Tout préservant les principes existants, ce bâtiment comporte ainsi de légères différences avec l’existant marquant son architecture contemporaine.

Le volume de l’UVP de plain-pied présente une toiture plate végétalisée. Elle est ponctuée de puits de lumière assurant un éclairage naturel aux circulations. Les fenêtres bois sont toute hauteur avec une allège vitrée fixe. Au niveau des salles communes, elles se transforment en porte fenêtre pour assurer un lien avec les jardins extérieurs. La toiture plate vient s’enrouler en coursive autour de la nouvelle entrée et des espaces communs pour redonner une unité au bâtiment, mettant ainsi en avant les volumes en R+1. Le bâtiment de l’UVP est en béton lasuré ocre, pour marquer son lien avec la topographie.

Depuis le cheminement d’accès des visiteurs et des résidents, la toiture de l’UVP devient un nouveau sol à l’échelle du paysage et ses murs renvoient aux teintes de la terre. Le nouveau bâtiment en R+1 vient lui créer un fond de scène, en pleine cohérence avec l’existant. Ces choix de matière visent à réduire l’impact du projet à l’échelle du grand paysage.

Au niveau des bâtiments existants, dans un souci d’optimisation économique, les percements et les façades sont peu modifiés. Seules quelques fenêtres sont créées pour l’équilibre des façades et créer quelques apports de lumière complémentaires.

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